Le syndrome du papa parfait

Il l’est, je le savais. Du moins, pour moi et pour la vision que je me fais de l’homme rêvé. C’est d’ailleurs pour ça qu’il partage mon lit, ma couette et mon oreiller. Ah non, l’oreiller on ne le partage pas, Monsieur n’est pas prêteur quand il s’agit de son oreiller (je le soupçonne d’ailleurs de faire le choix de n’emporter que son oreiller si un jour il devait partir sur une île déserte…).

Bref, je ne vais pas mentir, les années, les soucis, les inquiétudes et les déceptions qu’a vécu notre couple l’ont changé. Il est plus sombre, moins démonstratif et plus inquiet surtout. Mais ça n’enlève pas le fait que je le connais, Lui. Je sais qui il est. Je sais ce dont il est capable, ce qu’il veut et ce qu’il pense (enfin, pas toujours). Je sais pourquoi je me lève à ses côtés chaque matin, pourquoi je n’ai pas claqué la porte plus fort à nos embrouilles plus bruyantes que les autres (oui parce que je l’ai claquée quand même hein) et surtout pourquoi je me suis tant battue pour vivre cet amour avec Lui.

Et depuis que Chouquette est là, cela confirme tout. Il a été dès le premier jour ce Super Papa que j’avais rêvé qu’il soit pendant ces 9 mois et bien avant.

Mais au début, qu’il soit ce papa si parfait pour Chouquette,
ça m’a frustrée.

Sitôt l’accouchement terminé, on était vraiment très émus et on tenait absolument à remercier la sage-femme et l’aide-soignante qui nous avaient assistés pour ce grand moment. Ni une, ni deux, il leur a rapportés une bouteille de champ’ chacune. L’aide-soignante, des larmes plein les yeux nous a dit « Oh merci beaucoup, vous êtes un couple qui m’a beaucoup touchée, c’était un bel accouchement. J’étais très touchée et surtout par vous monsieur, on voit rarement des papas comme vous ». La première seconde, je me suis dit « Et oui, il est parfait et c’est le papa que j’ai choisi pour mon bébé ». Et la seconde d’après, j’ai pensé « Et moi, je ne suis pas une maman dont elle va se rappeler ? ». Bref, j’ai pleuré, enfin, intérieurement.

Le lendemain, journée officielle où mon Baby Blues a commencé, je vous avais parlé d’une phrase qui l’a déclenché et qui, sur le coup, m’a chagrinée. Une phrase pourtant anodine et pas méchante. Chouquette s’est mise à pleurer d’un coup dans mes bras, il y avait beaucoup de monde avec nous, j’étais en plein apprentissage et je l’ai prise contre moi. Rien n’y faisait, elle ne se calmait pas. Et là, on m’a dit « Attends, donne-la à son papa, lui, il sait bien la calmer ». Voilà. Vous imaginez la suite : « Et moi, je suis déjà une mauvaise mère alors qu’elle n’a qu’un jour..? » (je l’ai pensé, pas dit). Là j’ai pleuré, intérieurement et extérieurement. Les vannes étaient officiellement ouvertes.

Et puis sont arrivés les jours suivants où Chou gérait beaucoup beaucoup mieux que moi. Il ne montrait aucun signe de panique ou d’énervement, tentant tant bien que mal de me soulager du mieux qu’il pouvait. Il me serrait de ses bras forts, me soulageait de ses mots doux, me rassurait de sa manière d’être. Non, je n’aurais pas pu rêver meilleur compagnon que lui pour vivre ce grand moment.

Mais bien sûr, en parallèle,
je ne culpabilisais que davantage.
Pourquoi était-il plus parfait, prévenant,
calme et compréhensif que moi ?

Donc on serait comme ça parents ? Lui parfait et moi clairement imparfaite ? Et puis, avec en plus, les nuits à pas dormir, les tétées douloureuses au début et un Baby Blues carabiné, je ne vous explique pas le tableau, d’ailleurs, je préfère ne pas m’en souvenir… Bref, des questions à gogo et l’impression que jamais, jamais, je ne trouverais l’équilibre que je souhaitais : que l’on soit des parents imparfaitement parfaits. Faire du mieux que nous pourrons en sachant qu’on fera des erreurs et que des fois, nous verrons juste.

Bref, Chou a géré comme un maître pendant les premières semaines de Chouquette et malgré toutes les questions que ça a engendré de mon côté, je ne faisais que le remercier de m’aider, d’être là et de me soutenir comme ça. Parce que clairement, s’il n’avait pas été si présent, ça aurait été l’enfer et je le sais. J’ai vraiment beaucoup de chance qu’il se soit investi à ce point même en travaillant beaucoup de son côté.

Mais rassurez-vous, depuis, il a mis la barre un peu moins haute et on se complète plutôt bien, on est une équipe quoi. Ouf, il commence a devenir imparfait, ça me rassure, il a des failles lui aussi… 😉

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6 réflexions sur “Le syndrome du papa parfait

  1. pour ma première, ton histoire fait écho à la mienne… J’ai eu un sacré baby blues et lui, il a pris les choses en mains comme un chef. Sans la moindre hésitation sur son rôle, ce qui me désarçonnait encore plus. Quand il a dû reprendre le boulot, après 3 semaines, j’ai cru que j’allais me planter royalement. Et paradoxalement, c’est à ce moment-là que je me suis vraiment sentie devenir Maman. Aujourd’hui encore, près de 4 ans plus tard, c’est toujours un super papa… il sait tout faire, aussi bien qu’une maman 🙂 Presque trop parfait ! Lol

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  2. il y a aussi quelque chose à ne pas oublier : lui n’a pas eu de baby blues ! ni d’hormones complètement chamboulées !! c’est peut être pour ça aussi qu’il a réussi à mieux gérer les premières semaines ! il avait en quelque sorte un peu plus de recul, même si l’arrivée de son petit bébé l’a sans doute bouleversé..

    Aimé par 1 personne

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